Interview du mois

« Elargis ton cœur ! »
Tu es invité au cœur d’une rencontre, d’une conversation où une sœur interroge une personne de passage à l’abbaye sur sa façon de vivre la foi, de témoigner de l’amour du Christ et de l’Eglise dans sa vie quotidienne.


Aujourd’hui, je rencontre sœur Marie-Hélène




Sœur Marie-Benoît : Bonjour Marie-Hélène, pouvez-vous vous présenter à nos jeunes internautes ?

Marie-Hélène : Je suis Marie Hélène, je suis mariée depuis 50 ans avec Jacques et nous vivons à Bordeaux depuis ce temps là.
Auparavant, comme enfant et jeune, ma famille déménageait à peu près tous les 3 ans et j'ai aimé ces occasions de changement. C'est toujours difficile de quitter un lieu, des amis, mais cela permet aussi de belles découvertes , "d'élargir l'espace de sa tente"
Nous avons deux filles et 4 petits enfants qui ont entre 24 et douze ans, un grand bonheur.

Marie-Benoît : Pour vous, être témoin du Christ aujourd’hui, ça se traduit comment ?

Marie-Hélène : Etre témoin du Christ aujourd'hui ? Je dirais c'est comme hier ! Le témoin est celui qui a quelque chose à dire parce qu'il a fait l'expérience d'une rencontre qui a fait naître en lui la foi.
Il s'agit alors de partager ce qu'il a vécu en ayant dans le cœur le désir que tous ceux qui sont sur sa route découvrent ce même amour de Jésus pour eux.

Sœur Marie-Benoît : L’amitié a-t-elle une place importante dans votre vie ? Pouvez-vous dire ce qu’est l’amitié ?

Marie-Hélène : Oui, l'amitié est très importante pour moi et j'ai la chance d'avoir beaucoup d'amis.
Nous sommes crées à l'image de Dieu, ce qui fait de nous des êtres de relation.
"Veux-tu être mon ami?”, demande le mouton au Petit Prince
"Je ne vous appelle plus serviteurs, mais amis."
L'amitié, c'est cette capacité à nouer avec un autre une relation de confiance et de faire vivre et grandir des liens privilégiés.

Sœur Marie-Benoît : Vous aimez beaucoup les jeunes, et on peut dire que vous avez passé une bonne partie de votre vie à être près d’eux, à les écouter, à les aider. Que vous apportent les jeunes ? D’où vous vient votre éternelle jeunesse à chaque fois que vous êtes avec eux ?

Marie-Hélène : J'ai rencontré beaucoup de jeunes grâce à mon activité de catéchèse qui a débuté alors que j'étais en terminale à la paroisse Saint Louis.
J'ai plus tard été responsable des jeunes brancardières à Lourdes dans le cadre du pèlerinage National : entre 3 et 400 jeunes filles qui pendant 5 jours mettaient toute leur énergie et leurs talents au service des malades.
Dévouement, amour de la vie, profondeur. Ces rencontres ont nourri ma vie.

Sœur Marie-Benoît : Vous avez été responsable de l’aumônerie au lycée de l’Assomption. Pouvez-vous en dire « deux mots », de cet apostolat de la transmission de la foi ?

Marie-Hélène : Comme responsable des élèves de première au lycée de l'Assomption, ma conviction a toujours été que l'enjeu est très important et un véritable défi à relever : comment éveiller et donner goût aux jeunes de rencontrer le Christ?
Nous avons pour ce faire mis en place, au début de l'année, des "journées aumônerie" : tous les élèves avaient à choisir un lieu pour y passer 3 jours : Lourdes, monastères, Taizé, l'Arche de Jean Vanier, à la rencontre de Jean Paul II à Paray le Monial, à Auray, etc... avec une découverte de la foi vécue, comme une étincelle qui invite aller plus loin et qui la fait passer de la tête au cœur .
"C'est une folie de ne pas être ce que l'on est avec le plus de de plénitude possible" disait la fondatrice de l'Assomption.

Sœur Marie-Benoît : Quel est votre épisode préféré de l’Évangile ? Pouvez-vous nous dire les raisons de cette préférence ?

Marie-Hélène : Difficile de choisir un épisode préféré ...
Je pense à l'évangile de la Samaritaine dans St Jean, au chapitre 5 (passage où une femme de Samarie vient chercher de l’eau à un puits en plein désert et se trouve ainsi sur le passage de Jésus). La pédagogie de Jésus avec cette femme est inouïe, Il la rejoint là où elle est sans à priori, sans jugement et progressivement l'amène à reconnaitre en Lui le Sauveur.

Sœur Marie-Benoît : Quel est votre regard sur l’Église d’aujourd’hui ? Qu’est-ce que vous voyez de beau à l’œuvre ?

Marie-Hélène : L'Eglise aujourd'hui ne fait pas l'économie de ce qu'elle a toujours été, à la fois sainte sur les pas de Jésus, et composée de pécheurs. Pas étonnant de ce fait qu'elle soit le lieu d'un combat spirituel, Satan existe bien et se déchaine mais il n'aura pas le dernier mot. Par sa mort et sa résurrection, Jésus nous entraine à sa suite, la victoire est certaine.
Le message de l'Eglise travaille comme le ferment dans la pâte, souvent sans bruit mais avec l'efficacité de l'Amour dans tous les lieux où la dignité de l'homme n'est pas respectée.

Sœur Marie-Benoît : Qu’est-ce que vous voyez de beau à l’œuvre dans notre monde d’aujourd’hui ?

Marie-Hélène : Je dirais volontiers selon une formule célèbre
"Le bruit ne fait pas de bien mais le bien ne fait pas de bruit "
Puisque cette interview est destiné à des internautes, connaissent-ils Frédérique Bedos ?
Je leur conseille d'aller sur son site : Le projet



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