Interview du mois

« Elargis ton cœur ! »
Tu es invité au cœur d’une rencontre, d’une conversation où une sœur interroge une personne de passage à l’abbaye sur sa façon de vivre la foi, de témoigner de l’amour du Christ et de l’Eglise dans sa vie quotidienne.


Aujourd’hui, je rencontre Jacques, président de l’Association des Amis du Rivet




L’interview du mois

Sœur Marie-Benoît : Bonjour Jacques, pouvez-vous, s’il vous plaît, vous présenter à nos jeunes internautes ?

Jacques : Chère Sœur Marie Benoît, merci pour cette belle opportunité d’appel à témoignage que vous me donnez en me demandant de répondre à votre interview. Pour répondre en deux mots à votre question, je dirai que j’ai des cheveux blancs, un cœur encore jeune, une chance énorme d’être en bonne forme physique : Merci mon Dieu. Merci aussi au ciel d’avoir mis sur ma route une femme que j’aime, de nous avoir donné deux filles qui nous comblent, et des petits enfants qui font notre bonheur. J’ai une formation d’ingénieur, et depuis que je suis à la retraite, j’ai le privilège depuis plusieurs années d’avoir des liens de proximité avec l’Abbaye du Rivet, des contacts enrichissants avec les sœurs Cisterciennes, et des relations amicales de qualité dans le cadre de l’Association des amis de l’Abbaye.

Sœur Marie-Benoît : Pour vous, être témoin du Christ aujourd’hui, ça se traduit comment ?

Jacques : Votre question est difficile mais évidemment très profonde. Y répondre en 3 lignes est un défi : disons que j’ai eu la chance de naître dans une famille chrétienne, de faire une scolarité dans des établissements catholiques qui ont apporté un complément important au développement de l’intelligence proprement dite en me donnant des références à des valeurs d’ordre supérieur. Rester fidèle à ces valeurs fondamentales, voilà le défi qui nous est lancé dans le monde d’aujourd’hui : comment vivre les valeurs de la République de Liberté/Egalité/Fraternité, en les nourrissant chaque jour par les valeurs de l’Evangile : l’Espérance, la Foi, et la Charité ? Ou pour le dire autrement et de façon plus imagée, la vie chrétienne est comme une balance à 2 plateaux en constante recherche d’équilibre entre « Exigence » et « Bienveillance » : je garde comme objectif de veiller en permanence à cet équilibre avec mon prochain… C’est pas toujours facile !

Sœur Marie-Benoît : L’amitié a-t-elle une grande place dans votre vie. Pouvez-vous nous dire ce qu’est l’amitié ?

Jacques : La place de l’amitié est essentielle dans la vie de chacun d’entre nous parce que nous sommes des êtres de relation et que chacun a besoin d’aimer, et être aimé. Cependant le mot amitié a plusieurs significations : de quoi parle-t-on ? Sur Face book, on peut avoir 100 ? 200 ? … 500 ? … 1000 amis ou plus : s’agit-il d’amis ou de copains ? Les amis sont ceux à qui on peut se confier, demander conseil, apporter une aide … Combien peut-on avoir de vrais bons amis ? Mes amis se comptent sur les doigts de la main mais ils sont de très grande qualité : ils m’ont beaucoup aidé, je les aide en retour du mieux que je peux.

Sœur Marie-Benoît : Quel est votre épisode préféré de l’Évangile ? Pouvez-vous nous dire les raisons de cette préférence ?

Jacques : J’ai une grande préférence pour la parabole de l’enfant prodigue que je trouve très belle et très enrichissante : le père, un modèle d’amour, le fils aîné un exemple de fidélité à son père et pourtant un peu jaloux… , le fils prodigue un petit peu voyou et pourtant humble quand il revient… et surtout source d’un très grand bonheur pour son père quand celui-ci le voit revenir : je me sens de temps en temps chacun de ces 3 personnages de la parabole, tour à tour le père, mais quelques fois le fils aîné, et malheureusement sans doute aussi (le moins souvent possible !) le fils prodigue. Cet épisode de l’évangile est un enseignement permanent, parce que très facile à comprendre.

Sœur Marie-Benoît : Quel est votre regard sur l’Église d’aujourd’hui ? Qu’est-ce que vous voyez de beau à l’œuvre ?

Jacques : L’Eglise est très attentive à la condition humaine dans le monde d’aujourd’hui, et je voudrai illustrer cet avis par 3 exemples concrets et significatifs :

-le monde entier l’a vu pendant 25 ans avec l’impact du Pape Jean Paul II qui a largement dépassé le cadre de ses responsabilité de chef de l’église catholique en touchant beaucoup de personnes qui sont éloignées de l’église ; le monde continue aussi à le voir actuellement avec le Pape François dont la bonté et la bienveillance sont rayonnantes ;

-la France a pu le voir tout récemment à l’occasion de l’enterrement de Johnny Halliday avec l’homélie religieuse qui était humainement très adaptée à l’auditoire et en totale symbiose avec le discours laïque du Président de la République sur les marches de la Madeleine,

-le monde des divorcés-remariés qui souffrent fait l’objet d’une réflexion de l’église pour mettre en place un meilleur accompagnement à leurs cotés.

Sœur Marie-Benoît : Qu’est-ce que vous voyez de beau à l’œuvre dans notre monde d’aujourd’hui ?

Jacques : Pourquoi parle-t-on plus des trains qui arrivent en retard que de ceux beaucoup plus nombreux qui arrivent à l’heure ? Quand aurons nous des médias qui parleront moins de ce qui va mal, et plus de ce qui va bien ? Combien d’exemples de générosité dans la vie de tous les jours ? Dans les associations ? Dans la jeunesse qui nous entourent ? Dans les entreprises, les employés consciencieux ne sont-ils pas plus nombreux que les paresseux ? Les bons patrons ne sont-ils pas plus nombreux que les patrons voyous ? Autour de nous n’y a-t-il pas plus de personnes généreuses que de gens égoïstes ? Même s’il y a des guerres, de la drogue, des crimes…, les raisons d’espérer ne manquent pas : soyons attentifs aux signes positifs de notre temps, ils sont nombreux et n’oublions surtout jamais que la « beauté vient du ciel » telle celle d’un vitrail fabriqué par les hommes, qui n’atteint sa pleine beauté que lorsque celui-ci est traversé par la lumière qui est d’origine divine.

Sœur Marie-Benoît : Qu’est-ce qui vous paraît important de dire à des jeunes en recherche de sens ?

Jacques : Je n’ai aucune leçon à donner car il appartient à chacun de réfléchir au sens qu’il veut donner à sa propre vie. Mais peut-être un avis ( ?), un éclairage ( ?), un conseil ( ?), sous forme de questions auxquelles personne ne peut échapper sur ce qui est important pour chacun : est-ce « réussir dans la vie » ? c’est pas mal … est-ce suffisant ? N’est-ce pas plutôt « réussir sa vie » ? Comment ? Que faire ? Et aussi une interrogation sous forme d’anecdote : imaginez que nous vivions au 15ème siècle et que nous rencontrions des personnes sur le bord de la route en train de casser des cailloux : pour savoir le sens qu’ils donnent à leur vie, on entame la conversation en leur demandant ce qu’ils font : -les uns auraient répondu : j’ai chaud et j’en ai marre de casser des cailloux, -d’autres auraient dit : c’est dur, mais je travaille pour gagner ma vie, -d’autres enfin auraient dit : je travaille avec des camarades et je sais que mon travail sert à construire cathédrale. Quel magnifique sens dans la réponse des troisièmes ?

Sœur Marie-Benoît : Quelle est votre recette du bonheur?

Jacques : Je ne pense pas qu’il y ait une recette, sinon elle serait connue de tous et universellement appliquée. Le Bonheur n’est pas « en dehors », mais « dans nous », sans doute est-ce pour cela qu’on a tant de mal à le trouver car on ne peut pas être heureux tout seul. Et ceux qui le trouvent, c’est parce qu’ils ont aidé (un peu ? beaucoup ?) les autres à être plus heureux : on devient heureux parce que le bonheur se partage, il est contagieux.

Sœur Marie-Benoît : Quelle parole de sagesse ou autre, souhaitez-vous partager à nos internautes ?

Jacques : Je vous livre une devise qui m’aide beaucoup : « Aide-toi et le ciel t’aidera ». C’est facile à retenir, et ça peut servir de « fil rouge » chaque matin quand on se lève.







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