Découvrir le lieu

Un monastère, c’est un lieu de vie humaine et spirituelle et chaque monastère a son histoire particulière, bien à lui. Les lieux en sont témoins et les visiter, c’est partir à la rencontre de cette histoire, c’est découvrir aussi une communauté qui a ses manières de vivre, de célébrer…

Le lieu nous façonne, les différents lieux de la maison aussi. Il y a une véritable osmose entre le lieu et nous. Nous aimons notre lieu, nous aimons notre communauté. Tout se tient et tend à s’unifier.
Nous avons la chance, à l’abbaye du Rivet, de vivre dans un lieu très ancien, dans un monastère bâti sur le roc, dans un cadre de beauté. Peut-être en découvrirez-vous le charme en effectuant la visite proposée…

L’abbaye se visite uniquement aux journées du patrimoine

Le lieu en images
Visite guidée
  • L’Eglise

    Bâtiment le plus ancien et le plus imposant de l’abbaye, l’église est le centre le la vie communautaire.
    A la fois ample, simple, dépouillée et lumineuse, elle est par excellence le lieu de Dieu, le lieu de la rencontre avec Dieu qui nous appelle à former en lui un seul corps. Au son de la cloche nous nous y réunissons plusieurs fois chaque jour, revêtues de la coule monastique, pour faire mémoire de sa présence à travers l’histoire humaine. La célébration de sa louange, la présentation de nos demandes au nom de l’humanité, prière dont il a lui-même l’initiative, nous mène à une entrée en profondeur dans son mystère d’Alliance. Par conséquent, si l’on peut s’exprimer ainsi, le centre de ce centre qu’est l’église est l’autel sur lequel est célébré le sacrifice eucharistique, l’actualisation de la mort et de la résurrection du Christ. En quelque sorte, la table eucharistique est le point de convergence de la communauté en chacun de ses membre où nous recevons la vie du Christ.
    L’église est un lieu ouvert. A tout moment de la journée, sous l’impulsion de l’Esprit-Saint les moniales, les hôtes de la communauté ou les personnes du voisinage peuvent s’y recueillir et se laisser rejoindre par Dieu dans leurs peines et dans leurs joies.

  • L’oratoire

    La prière personnelle est importante dans nos vies de moniales. C’est le temps d’une mise en présence plus consciente avec le Seigneur. Lui, il est toujours avec nous, mais nous… Il importe donc que nous puissions prendre du temps pour nous ressourcer, pour lui parler, pour l’écouter surtout.

    Nous pouvons prier à l’église, dans la nature ou à l’oratoire.

    Et nous pouvons prier toute la journée, que ce soit au travail ou dans nos allers et venues. Il ne s’agit pas de répéter des prières, mais d’être là présentes à l’Infini Présent dans tout ce que nous faisons et vivons.

  • Le Cloître et le préau

    Hérité de l’atrium des maisons romaines antiques, le cloître, galerie abritée en forme de carré, assure une voie de communication pratique et harmonieuse entre les principaux bâtiments du monastère.
    Lieu de passage et de méditation ou plus justement de passage méditatif, il revêt un symbolisme profond. Le monastère n’est pas constitué d’entités figées, il est un ensemble organique où circule la vie. Toutes les activités des moniales, des plus élémentaires (manger, se laver, travailler…) au plus élaborées (prier, méditer…), vécues à la manière d’un pèlerinage, sont reliées entre elles par leur finalité commune : la présence au Dieu Présent. Présence réciproque entre Dieu et la moniale, symbolisée par le préau, jardin de plantes florales et médicinales, au centre du cloître ouvert sur le ciel. Si selon la symbolique universelle, le carré représente l’humanité et le ciel Dieu, entre les deux, dans l’imaginaire judéo-chrétien, le jardin constitue l’espace de la rencontre.
    Jardin de l’Eden, jardin des époux du Cantique des cantiques, jardin de la première apparition du Ressuscité à Marie-Madeleine, jusqu’à la Jérusalem nouvelle où fructifient des arbres de vie dont les feuilles sont un remède, le jardin avec la part de labeur qu’il requiert favorise la rencontre avec Dieu.

  • Le Chapitre

    Chaque matin, la communauté se réunit dans la salle du chapitre qui tient son nom de la lecture quotidienne d’un passage ou d’un chapitre de la Règle de Saint Benoît, commenté par la Mère Abbesse.

    Le chapitre est aussi le lieu où se prennent les grandes décisions communautaires tels que l’élection de la Mère Abbesse, l’admission à la profession monastique, les votes relatifs aux grands projets communautaires…

  • La Salle de communauté

    Dans la tradition monastique cistercienne, l’accent est mis sur une vie de communauté vécue dans le silence.
    Dans la journée, nous n’avons pas de temps de rencontre régulier entre nous, à la différence d’autres communautés de tradition différente.
    Mais régulièrement, nous avons des temps de dialogue, une fois par moi au Rivet, temps durant lequel nous partageons sur un sujet précis.
    Ces rencontres se passent dans un lieu, appelé “salle de communauté”.
    C’est un lieu de parole, à la différence du chapitre qui est un lieu d’enseignement de la communauté par l’abbesse.
    En salle de communauté, nous recevons aussi des moines ou moniales de passage pour un temps d’échange, nous pouvons – même si c’est plutôt rare – regarder ensemble un film sur un grand écran.

  • Le scriptorium

    Moniale étudiant au scriptorium

    Au début du monachisme bénédictin, le scriptorium était le lieu où les copistes recopiaient les manuscrits.
    Aujourd’hui, dans la tradition cistercienne, il est le lieu de la lectio divina – lecture priée de la Parole de Dieu – le lieu de la lecture spirituelle et de l’étude.
    Chaque moniale y a « son lieu » personnel où elle peut venir à certains moments de la journée.

  • Le noviciat

    Le noviciat est le lieu de l’apprentissage de la vie monastique. C’est là que se retrouvent les postulantes, les novices et les jeunes professes pour y faire leur lectio divina, suivre des cours, mais aussi se détendre, se rencontrer avec leur mère maîtresse.
    Les moniales en formation vivent au rythme de la communauté, mais cependant avec plus de souplesse afin de cheminer librement.

  • Le réfectoire

    Le réfectoire est le lieu où nous prenons notre réfection quotidienne : nourriture pour le corps, mais aussi pour l’esprit.
    Les repas simples et frugaux sont pris en silence tandis qu’une lectrice lit un livre (récit, biographie, religion ou sujet d’actualité…) A l’écoute de Dieu, la moniale se met à l’écoute du monde.
    Comme l’église, le réfectoire nous rassemble fraternellement en un seul corps. Le repas est un temps où nous pouvons nous servir les unes et les autres. Chacune a sa place attitrée autour des tables disposées en carré.
    Ainsi nous ne choisissons pas notre place, mais nous choisissons d’être ensemble groupées autour d’un même appel, d’une même espérance, le Christ qui nous a choisies pour le servir, en vue du Royaume.

  • La cellule

    Couloir des cellules

    Lieu du repos, la cellule – la chambre – contient le nécessaire, mais dans la sobriété et la simplicité.
    Nous pouvons personnaliser ce lieu qui nous est personnel, mais nous avons à l’habiter comme un lieu de passage. Rien de superflu, car l’essentiel n’est pas dans l’installation matérielle.

    Nous devons l’habiter avec une grande liberté, car ce lieu ne nous appartient pas.
    Nous devons être en mesure de quitter ce lieu pour aller dans un autre.

    Vue d’une cellule

  • L’environnement

    Le monastère est traversé par un ruisseau appelé Rivet, qui, en dehors de la clôture, prend le nom de Beuve. Ce cours d’eau alimente notre moulin où, il y a peu de temps encore, nous fabriquions notre électricité, y faisions notre pain.
    L’abbaye est implantée dans un cadre idéal au cœur de la nature qui nous relie au Créateur. Des forêts, des champs de maïs et de blés sur un terrain légèrement vallonné constituent le décor qui ne manque jamais, lors d’une promenade, de nous surprendre, mieux, de nous émerveiller au rythme des saisons. Il est courant de rencontrer quelques chevreuils qui s’aventurent de temps en temps dans notre verger… des écureuils, des oiseaux de toutes espèces, des ragondins, n’hésitant pas à se mêler à la fratrie des cochons chinois que nous élevons en liberté avec quelques poules espagnoles pour les besoins de la communauté.
    Avec ses remparts, datant du neuvième siècle, sa grande tour carrée, ciselée au sommet par des meurtrières, le monastère montre un air de château… Il l’a d’ailleurs été un temps, habité qu’il était par un couple de châtelains.
    Ces anciens propriétaires avaient une vénération pour la Sainte Vierge. D’où l’existence d’une grotte de Lourdes, réplique exacte de Massabielle.
    Le Campo est une chapelle mortuaire où ce couple est enterré.