3 textes sur…
1 : La prière
2 : Le bonheur d’être prêtre
3 : La nature, école de contemplation


1 : La prière

Depuis son plus jeune âge, Joseph Cassant aime prier, et il prend le temps de prier. Il prie par instinct, poussé par le désir d’aimer, de rencontrer Dieu. Il n’a pas écrit de méthode de prière, ni « étudié » la question, ni offert de témoignage écrit concernant ses expériences de la prière... Avec quelques-unes de ses notes, nous pouvons déterminer ce que fut la prière pour lui, elle fut toujours un moment de bonheur ! Lecteur et ami du Bienheureux qu’il en soit ainsi pour toi, à l’école du père Cassant.
La prière est le grand canal des grâces.
Les deux mouvements de la prière : sentir sa misère, sentir la bonté de Jésus ; ce sont les deux mouvements d’aspiration et de respiration.
Il est si facile de prier. Le cœur va tout seul et de lui-même vers ce qu’il aime ; loin d’être une fatigue, c’est un besoin.
On ne sait pas prier, dit-on. Erreur. La prière, c’est le désir du cœur, et le cœur sait toujours désirer.
Sans doute notre grande misère se mêle à nos prières, mais Dieu les aime comme elles sont, toutes faibles, pauvres, n’ayant qu’une aile, si j’ose ainsi parler. Il n’y veut qu’une chose avant tout, c’est qu’elles viennent du cœur.

2 : Le désir et le bonheur d’être prêtre

Le père Cassant nous aide à prier pour les prêtres et les vocations sacerdotales. Hiver 1892, Joseph Cassant a 14 ans, il écrit cette prière :
« Seigneur, j’irai sur les autels, j’espère, avec votre grâce… Le premier de l’an 1892, je viens vous demander la grâce d’arriver sur les autels. Seigneur, donnez-moi l’intelligence et tout ce qui sera utile pour être bon prêtre ».
Dix ans plus tard, en mai 1902, frère Marie-Joseph, devenu moine trappiste à l’abbaye Sainte Marie du Désert, s’apprête à être ordonné prêtre. La veille de son ordination il écrit cette prière :
« O Cœur de Jésus, faites qu’au sortir de l’ordination je sois tout transformé.
O Cœur de Jésus, venez prendre possession de mon cœur d’une manière définitive.
Au moment où l’évêque m’imposera les mains, emparez-vous de mon cœur, et à l’avenir faites-moi marcher par force dans la voie d’une union de plus en plus intime avec vous.
Détachez-moi de tout malgré moi.
O Jésus, il n’y a plus que quelques heures qui me séparent de ce moment solennel.
Je m’en remets à vous pour toutes les grâces que je ne puis prévoir.
Vous voyez ma bonne volonté, au moins ce que je crois être mon possible.
Indifférence à tout, même à l’ordination.
Etant bien uni au Cœur de Jésus, ne s’occuper de rien, être si préoccupé de Jésus qu’on n’ait pas le temps de réfléchir aux avantages des Ordres.
O Jésus, je pourrais être épouvanté, comme cela est arrivé à tant de saints en pensant qu’ils allaient être ordonnés prêtres.
Mais, ô Jésus, j’ai votre Cœur où je veux habiter et où je remets tout.
Oh, oui ! Cœur de Jésus, c’est à vous que je m’en remets pour me préparer à la prêtrise, et si les dispositions me manquent soit au point de vue temporel, soit au point de vue spirituel, je vous charge de suppléer vous-même.
Oui, je l’espère avec une confiance aveugle, ainsi aidé par votre Sacré Cœur, j’approcherai sans crainte de l’autel quoiqu’il arrive ».

3 : La nature, école de contemplation et école de vie

Saint Bernard disait que l’on apprend plus dans les arbres que dans les livres… Cela voulait dire que l’homme trouve son épanouissement intérieur et physique dans la vie elle-même, l’expérience. Le père Cassant depuis l’enfance se mit à l’école de la nature, de la vie, comme aussi à l’étude pour approfondir la connaissance de Dieu. Sans le savoir, il marchait sur les pas de saint Bernard. Dom Chenevière dit ainsi du père Cassant :
« S’il ne goûtait pas le travail de la terre, le frère Joseph aimait la paix des champs. Au tréfonds de lui-même sommeillait un poète. […]. On le sent ravi quand il peut rencontrer les objets de sa dévotion ornés d’images qui font rêver et porté sur les ailes de la parodie. Telle cette paraphrase versifiée d’une hymne qui suit quelques notes sur le saint Nom de Jésus et un bref commentaire où saint Bernard appelle ce Nom ‘une mélodie à l’oreille, un miel au palais, une suavité au cœur’ ». Suit cette réflexion : « Les saints ont le goût exquis’. […]. Joseph Cassant était un moine campagnard, joyeux de l’être : ‘Pendant quelques jours, lisons-nous dans une lettre à ses parents, datée du 27 septembre 1900, l’étude de la théologie va se continuer dans le grand livre de la nature, dont chaque page nous montre les grandeurs de Dieu, au milieu de nos vignes aux pampres vermeils qui couvrent les coteaux verdoyants. Les collines qui entourent Sainte-Marie-du-Désert forment des horizons magnifiques et en font une solitude très favorable pour les réflexions théologiques ».