Vous êtes ici: Jeunes Interview du mois

« Elargis ton cœur ! »
Tu es invité au cœur d’une rencontre, d’une conversation où une sœur interroge une personne de passage à l’abbaye sur sa façon de vivre la foi, de témoigner de l’amour du Christ et de l’Eglise dans sa vie quotidienne.


Aujourd’hui, je rencontre Patrice


Sœur Marie-Benoît : Bonjour Patrice, pouvez-vous, s’il vous plaît, vous présenter à nos jeunes internautes ?

Patrice : Avant tout, un immense Merci, très chère Sœur Marie-Benoît, de m’inviter en ce mois de Notre Dame, « Sainte Marie du Rivet ». « Patrice » n’est qu’un « Monsieur tout-le-Monde », dont l’une des très rares spécificités est de continuer à toujours recevoir d’infinies Grâces, à travers des Médiations d’exception. Aussi bien, ces tentatives de réponses ne sont-elles que des parcelles plus que singulières, destinées à n’être reçues que comme telles. Un grand Merci d’avance.

Sœur Marie-Benoît : Pour vous, être témoin du Christ aujourd’hui, ça se traduit comment ?

Patrice : Tout juste essayer, comme on peut, et malgré l’incomplétude d’une telle démarche, de créer un Espace où Jésus pourrait éventuellement s’adresser directement aux autres.

Sœur Marie-Benoît : L’amitié a-t-elle une grande place dans votre vie. Pouvez-vous nous dire ce qu’est l’amitié ?

Patrice : Demander à Aelred de Rievaulx plutôt qu’à moi …

Sœur Marie-Benoît : Quel est votre épisode préféré de l’Évangile ? Pouvez-vous nous dire les raisons de cette préférence ?

Patrice : Voici un très beau sujet, qui nous touche au plus profond. Au milieu de tant de merveilles —apparentes ou cachées—, nous choisirions « La rencontre avec la Samaritaine » (Jn 4). Quelques points (entre autres !) qui nous renvoient directement à notre Intériorité vécue au quotidien : ¶ Une double transgression : Jésus parle seul (v.8) à une Femme / une Samaritaine (voir l’épisode de la rupture en 1 R 11, 26 et suiv.) ; ¶ Une rencontre, autour d’un puits (v.6), entre un homme et une femme, dans les Écritures, c’est le signe d’une Alliance à conclure —Ex 2 (Çippora) ; Gn 24 (Rebecca) ; Gn 29 (Rachel) ; ¶ Une rencontre à la 6° heure (v.6), en plein midi, heure de crête à partir de laquelle tout peut basculer ¶ la Promesse d’une eau qui ouvrirait sur ladite « éternité » (v. 14) : au sens propre de la théologie biblique, il faudrait mieux comprendre (conformément à l’ hb sous-jacent au gr. aiôn ) : l’Eau qui permettrait d’entrer « dans le Temps de Dieu ») ; ¶ lesdits « 5 maris + le 6° » doivent être pris (conformément au substrat araméen du mot « époux / Ba’al) au sens historique des 5 idoles introduites par un peuple infidèle (2 R 17, 29 et suiv), constamment rappelé à l’ordre par les Prophètes, et non au sens (prosaïquement !) familial. Jésus rencontre les autres dans leur présent : « Zachée, descends, je vais prendre mon repas chez toi » et les « lance » vers l’Avenir : « Mets-toi en route vers la Paix (= « l’intégrité » / Shalom <du Cœur> ». ¶ Une extraordinaire « pédagogie divine » chère à Jn : à chacune des paroles de Jésus, la Samaritaine « grandit, jusqu’à la Révélation éblouissante : Je suis (v. 26) ; ¶ et bien d’autres points encore …

Sœur Marie-Benoît : Quel est votre regard sur l’Église d’aujourd’hui ? Qu’est-ce que vous voyez de beau à l’œuvre ?

Patrice : Les exhortations du Pape François, et son incessant recours aux valeurs fondatrices de l’Évangile

Sœur Marie-Benoît : Qu’est-ce que vous voyez de beau à l’œuvre dans notre monde d’aujourd’hui ?

Patrice : Émergeant d’un Océan de violences tempétueuses, des îlots de Tendresse et de Solidarité.

Sœur Marie-Benoît : Qu’est-ce qui vous paraît important de dire à des jeunes en recherche de sens ?

Patrice : Se laisser définir comme « l’être-pour-autrui ». Aller presque à contre-courant de la tendance actuelle au « Bien-être » (le corps / le mental, etc.) ; tourner plutôt son regard vers le monde, et tenter —chacune / chacun pour sa petite part, comme le « colibri » de la fable amérindienne chère à Pierre Rahbi— de remédier aux causes du Mal-être qui frappe notre monde et déjà, au plus proche, notre propre société (consommation, concurrence, d’individualisme forcené, violences de tous genres). Avant de lutter contre ce Mal ambiant, il conviendrait de se mettre à l’écoute des causes ; on s’attache aux causes extérieures —dont les medias ne donnent que des visions parcellaires (famille, chômage, exclusion, etc.*), mais peu réfléchissent aux modes de représentation intérieure du monde qui en sont la source [*certains s’en sortent fort bien et pas d’autres … ; pourquoi ?]. On parle de « Besoin » ; et si l’on parlait un peu plus de « Désir » au sens étymologique, comme je l’ai défini, il y a près d’un demi-siècle (pardon de parler de moi) : Désir vient du latin De-sider-ium, qui signifie très exactement : « La perte de l’Étoile polaire qui permet de naviguer, au cœur des Ténèbres ».

Sœur Marie-Benoît : Quelle est votre recette du bonheur?

Patrice : Les « Béatitudes » (Mt 5)

Sœur Marie-Benoît : Quelle parole de sagesse ou autre, souhaitez-vous partager à nos internautes.

Patrice : Une Pensée de ma Douce Épouse : « Le Corps est une Parole, signe visible d’un Sacré invisible que chacun porte en soi ».