Vous êtes ici: Jeunes Interview du mois

« Elargis ton cœur ! »
Tu es invité au cœur d’une rencontre, d’une conversation où une sœur interroge une personne de passage à l’abbaye sur sa façon de vivre la foi, de témoigner de l’amour du Christ et de l’Eglise dans sa vie quotidienne.


Aujourd’hui, Maylis

Sœur Marie-Benoît : Bonjour Maylis, peux-tu te présenter à nos jeunes internautes ?

Maylis : Bonjour, je suis Maylis, j’ai 27 ans et je suis étudiante à Bordeaux. Je prépare l’examen d’entrée à l’école des avocats et parallèlement je travaille à Langon en tant que juriste dans un cabinet d’expertise-comptable. C’est notamment pour cette raison que nos chemins se sont croisés il y a de cela quelques mois.

Sœur Marie-Benoît : L’amitié a-t-elle une place importante dans ta vie ? Peux-tu dire ce qu’est l’amitié ?

Maylis : L’amitié a une place fondamentale dans ma vie, je ne peux pas l’imaginer sans. Qu’elle soit éphémère ou durable dans le temps, l’amitié pour moi c’est avant tout un partage. Partage de joie, de rire, de peine, de pleur, de sentiment, de doute, de peur, de conseil, ou encore de confidence. Chaque amitié est unique et m’élève.

Sœur Marie-Benoît : Y a-t-il un épisode dans l’Évangile que tu aimes ? Peux-tu nous en dire quelques mots ?

Maylis : Il y en a plein ! J’aime tous les grands épisodes, Noël, Pentecôte, Pâques, etc. mais un m’a toujours marquée particulièrement. L’évangile avec les insouciantes et les prévoyantes qui s’en étaient allées chercher l’époux pour la noce (Matthieu 25, 1-13) (Je laisse les internautes aller la lire, elle est très bien). Quand j’étais au catéchisme enfant, on nous faisait faire beaucoup de choses. On s’est retrouvé une fois à faire une petite mise en scène sur cette évangile durant la messe. Je ne sais pas pourquoi mais celle-ci m’a vraiment beaucoup marquée ! J’étais encore enfant et mon esprit d’enfant avait un peu détourné l’histoire au fils du temps mais le fond restait le même. Je pense que c’est une discipline que je me suis toujours imposée. Je suis extrêmement prévoyante. Et j’avoue avoir été ravie un jour, quand on parlait de la voiture électrique avec ma mère, qui n’en comprenait pas l’intérêt puisqu’on ne pouvait pas faire de long trajet sur un coup de tête à cause de l’autonomie limitée de la voiture. Je lui ai répondu qu’il fallait faire comme dans l’évangile et être prévoyante et qu’alors le problème ne se poserait pas. J’ai encore l’image de son visage scotché et, je pense, impressionné et ravi, quand je lui ai répondu ça. Elle ne l’avait pas vu de cette manière.

Sœur Marie-Benoît : Qu’est-ce que tu vois de beau à l’œuvre dans l’Église?


Maylis
: La libération de la parole et la manière dont les choses changent face aux évolutions de la société. Je fais des études de droit et par conséquent je suis assez sensible à l’injustice, à la discrimination que ce soit en raison de son sexe, de son genre, etc., et je suis contente qu’enfin ces questions soient sur la table même si elles ne sont qu’à l’état embryonnaire. Cela témoigne d’une volonté de changement et de rebond qui est bénéfique pour tout le monde. Et je sais que certaines personnes aiment les traditions, la messe en latin, mais j’avoue que je ne suis pas de ce genre là, et j’aime que les traditions soient bousculées. Et c’est en train de se passer.

Sœur Marie-Benoît : Qu’est-ce que tu vois de beau à l’œuvre dans le monde ?

Maylis : Il y a beaucoup de choses belles à l’œuvre dans le monde, la première qui me vient en tête est la prise de conscience du changement climatique. Je sais que je fais plus attention à ce que je consomme, je regarde d’où ça vient, je suis plus consciente de la nature de ce qui nous entoure, des gestes simples et des actions qu’on peut faire au quotidien. Toutes les mobilisations pour le climat, je trouve ça beau que les jeunes se mobilisent et se sentent autant concernés que les plus âgés. Il y a un élan de solidarité et une prise de conscience internationale et intergénérationnelle.
Sœur Marie-Benoît
 : Qu’est-ce qui te paraît important de dire à des jeunes en recherche de sens ?

Maylis : Je leur dirais deux choses principales : un échec n’est pas un échec mais une expérience, une expérience indispensable à la recherche et l’accomplissement de soi. Je pense que c’est une phrase qu’on aurait dû me dire bien plus tôt, mais est-ce que j’étais prête à l’entendre ?
Ensuite, de ne pas se soucier du regard des autres quand on a envie de faire quelque chose ou de porter quelque chose, car on a qu’une vie et il faut la vivre pleinement. Acceptons-nous tels que nous sommes et faisons la paix avec nous-mêmes.
Sœur Marie-Benoît : Quelle est ta recette du bonheur?

Maylis : Des amis, de la famille, de l’écoute, du partage, de la confiance et beaucoup d’amour (et mon chat).
Sœur Marie-Benoît : Quelle parole de sagesse ou autre, souhaites-tu partager à nos internautes ?

Maylis : “Laisse-toi aimer”