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Le mot de Mère Abbesse

Septembre… La rentrée est déjà faite pour un certain nombre, d’autres sont en train de la vivre. Toute reprise, tout recommencement exige un réinvestissement. Il faut s’y remettre. C’est une nécessité à vivre, non comme un poids, un labeur même s’il est présent, mais plutôt comme une page blanche qui va s’écrire à nouveau. Chacun reprend ses activités, un horaire à respecter, son implication dans la vie familiale, au travail, dans la politique, dans l’église, dans des associations… C’est à regarder, à envisager avec un regard neuf. Avec un regard marqué – peut-être – par certaines réalités, expériences vécues durant cette période estivale.
Pour nous, en communauté, nous ne partons pas. Le mot vacances – de vacare – a une autre signification. Dans son sens commun, ce verbe peut se traduire par être inoccupé, oisif, vide, avoir le loisir de… ce qui a conduit au mot vacances. Pour nous qui restons au monastère, nous pouvons dire que nous sommes toujours en vacances ! Non pas parce que nous ne faisons rien (car nous vivons du travail de nos mains), mais parce que nous avons le loisir, la chance, la grâce de prendre du temps, de nous libérer pour nous consacrer à cette recherche de Dieu qui est le tout de notre vie, tout au long de notre quotidien.
Nous ne partons pas, et c’est une manière de rejoindre – paradoxalement – tous ces gens qui sont obligés de partir. Nous ne connaissons pas – pour le moment – cette dure réalité qui est celle de fuir son pays pour sauver sa vie. Cependant, nous y sommes confrontées à cette réalité, concrètement au monastère. Elle nous bouleverse et nous rappelle que tout être humain doit vivre dans un lieu, ne doit pas être rejeté et ne doit pas vivre dans l’angoisse de ne pas savoir où sont les siens. Alors que la peur envahit le cœur de beaucoup devant l’afflux des migrants, ne soyons pas de ceux qui ferment leurs portes, celles de leur maison et celles de leur cœur. Sachons reconnaître le Christ dans celui qui s’approche et nous tend la main.

Mère Marie Christine