Thomas MERTON
Devenir novice


Vérité, lumière, sainteté, grâce : autant de manifestations du Christ qui vit dans nos âmes.
Former un novice cistercien, c’est dégager en lui cette forme spirituelle implantée dans son âme par la grâce : c’est éduquer, c’est-à-dire « faire ressortir » en lui les traits du Christ.
La question n’est pas tellement d’imposer du dehors au novice une forme rigide et artificielle que de faire croître une vie et de faire rayonner de l’intérieur une lumière, jusqu’à ce que cette vie et cette lumière prennent possession de tout son être, informent de grâce et de liberté toutes ses actions, et portent témoignage au Christ qui vit en nous.
Un novice n’est vraiment ce que son nom implique que lorsqu’il s’efforce de se défaire du vieil homme et de « reprendre forme » sous les splendeurs d’une vie nouvelle.
Le postulant qui entre dans un monastère cistercien vient d’un monde déformé. Cette difformité du vieil homme doit être éliminée et remplacée par la splendor de l’homme nouveau, une nouvelle forme, la ressemblance du Christ.
L’idée de splendor novitatis est inséparablement liée à l’habit blanc de Cîteaux.
Cette expression montre combien l’esprit cistercien est optimiste : en dépendance du mysticisme de lumière des Pères Grecs et sous l’influence de l’évangile de saint Jean, l’évangile de la lumière.
Notre habit religieux est un vestis nuptialis, un signe que le moine est invité et admis aux noces de l’Agneau.
Un novice, c’est quelqu’un qui est rempli de splendeur de la sainte nouveauté.
La splendeur de la vie nouvelle consiste essentiellement en trois choses : la chasteté, l’amour et la discipline.