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Le mot de Mère Abbesse

Mai et une lueur dans la nuit que nous avons traversé avec la pandémie de Covid-19. Comme le disait le Pape François lors de sa prière extraordinaire le vendredi 27 mars : « Nous avons été pris au dépourvu par une tempête inattendue et furieuse. Nous nous nous rendons compte que nous nous trouvons dans la même barque, tous fragiles et désorientés, mais en même temps tous importants et nécessaires, tous appelés à ramer ensemble, tous ayant besoin de nous réconforter mutuellement ».
Tous, toutes nous attendons le déconfinement qui nous permettra de reprendre des relations normales, de revoir des êtres aimés, qui nous permettra de reprendre une activité économique si nécessaire pour beaucoup. Et pourtant, les spécialistes le disent : ce ne sera pas comme avant. D’une part, parce qu’il faudra du temps pour retrouver un mode de vie sans distanciation sociale, sans protection avec des masques ; il faudra des mois et des mois. Cette épreuve que nous venons de traverser et qui n’est pas terminée ne peut s’arrêter d’un coup, et surtout sans changement. Et d’autre part, parce qu’il nous faut tirer des conclusions pour ne pas retomber dans nos ornières.
Je poursuis avec le Pape François : « La tempête [a] démasqué notre vulnérabilité et révélé ces sécurités, fausses et superflues, avec lesquelles nous avons construit nos agendas, nos projets, nos habitudes et priorités. Elle nous [a] démontré comment nous avons laissé endormi et abandonné ce qui alimente, soutient et donne force à notre vie ainsi qu’à notre communauté… À la faveur de la tempête, est tombé le maquillage des stéréotypes avec lequel nous cachions nos "ego" toujours préoccupés de leur image ; et reste manifeste, encore une fois, cette appartenance commune (bénie), à laquelle nous ne pouvons pas nous soustraire : le fait d’être frères ».
Dans la lumière de ce temps pascal, si porteur d’espérance quant à notre avenir, réfléchissons et faisons tout notre possible, là où nous sommes, pour retrouver le sens de Dieu, le sens de l’homme, de la fraternité, le sens de toutes choses et refusons d’entrer dans le cercle infernal de la productivité, de la compétitivité, de la concurrence. Que la réalité « finances-économie-argent » ne mène plus les réflexions de notre monde. Retrouvons un art de vivre qui ne nous enchaîne plus, ne nous emprisonne plus mais au contraire nous libère au sens fort du terme. Seule la vérité nous rendra libre.

Mère Marie Christine